Comment j’ai fui Napoléon à Ajaccio (et découvert des paysages incroyables)

Je planche sur la création de #LaVieCestMieux depuis mon aventure en Australie. Plus de deux ans de brainstorming. D’interrogations. De doutes. De prises de tête, le nez dans le code. Et puis il y a ces salons qui réunissent professionnels de l’industrie du voyage et blogueurs. Ca serait bien que j’y participe. Que je vienne observer ce qu’il s’y dit. Que je me fasse connaître, moi et mon projet. Cette année, le Salon des blogueurs de voyage se déroule à Ajaccio. L’occasion est trop belle de visiter la Corse. En décidant d’y prendre part, je viens de mettre un pied dans l’engrenage de mon nouveau projet de vie : je suis blogueur voyage.

La Corse est si proche de moi. Si proche que, depuis tout petit, je m’émerveille à chaque fois que je la vois depuis le continent. Un phénomène visible au petit matin par temps clair, sur les hauteurs des Alpes-Maritimes ou de Monaco. Les paysages de l’Île de Beauté, ceux que je vois en photo ou dans les reportages, semblent si proches de mon idéal. Elle est si proche de moi. Mais pourtant si loin. Je ne la connais que très peu. Voire pas du tout. Je ne suis allé qu’une fois en vacances en Corse. Il y a quelques années, avec des potes. C’était quelque part en Corse du sud. Entre Ajaccio et Propriano. Si c’était bien ? Oui. Mais court. Trop court. Juste le temps de quelques activités en mer. Et quelques sorties nocturnes (un peu) arrosées. Et les Corses ? Je ne les connais que trop bien, surtout les Bastiais. Mais je ne les connais qu’en tant que supporter de l’OGC Nice. Alors non. Je ne les connais pas.

Une ruelle à deux pas de la maison où est né Napoléon dans la vieille ville d'Ajaccio, Corse.

Une ruelle de la vieille ville d’Ajaccio à deux pas de la maison où est né Napoléon.
Photo © iclo

Du musée des beaux arts à l’assiette de charcuterie

Me revoilà donc à Ajaccio. Son port et sa vieille-ville me rappellent Nice. Ou Saint-Tropez. Donc c’est beau. Pas un nuage en ce début mai. Pas beaucoup de touristes non plus. La mer est calme. Au loin, les montagnes, dont quelques unes sont encore enneigées. Le soleil se lève à peine. Et moi avec, après une nuit passée sur un ferry en provenance de Toulon.

Au menu des trois prochains jours, des conférences, des tables rondes et des activités de networking. Mais le décor est trop beau pour que je passe l’intégralité de mon séjour, que je trouve déjà bien court, enfermé à l’intérieur du Palais des congrès d’Ajaccio. Je participe à contre-coeur au blogtrip organisé par l’Office du tourisme d’Ajaccio au Palais Fesch. Je me demande bien pourquoi je vais aller perdre mon temps dans un musée. Je ne suis pas vraiment amateur d’art. Pas plus d’histoire. Sauf quand c’est Philippe Perfettini qui assure la visite privée du Palais Fesch. Et là ça change tout.

Selfie d'iclo avec Napoléon dans la galerie du Musée Fesch à Ajaccio, Corse.

Il mériterait un article à lui tout seul. Philippe, pas le Palais. Un personnage. Un Corse avec l’accent. Pour les clichés, on s’arrête là. Je suis suspendu à ses lèvres. Ses récits sont précis et passionnés. Tout comme Ajaccio, Philippe respire Napoléon dont il est le spécialiste en Corse, sinon partout ailleurs. Une véritable encyclopédie sur le sujet. Il s’apprête d’ailleurs à publier son Guide Napoléon. Quant au Cardinal Fesch, qui a laissé son nom à ce musée des beaux-arts d’Ajaccio, il n’est rien de moins que le plus grand collectionneur de tableaux de l’histoire en plus d’être l’oncle de Napoléon. Un personnage lui aussi. Quoi ? La visite est déjà terminée ? Pourtant ça doit bien faire deux heures que je visite un musée. J’en redemande. Je n’y crois pas.

J’en profite alors pour me perdre volontairement dans les ruelles étroites de la vieille ville d’Ajaccio. Comme dans la médina de Marrakech. Comme dans le Vieux-Nice. Comme à peu près partout où je vais. Ici, ma route croise le marché local. Là, je tombe sur la maison dans laquelle Napoléon est né. Je ne m’y attarde pas. Je suis à quelques mètres d’un buffet de charcuteries et fromages corses qui m’interpelle déjà beaucoup plus. Cliché ? Oui, certainement. Mais je m’en fous parce que je me régale de ces produits locaux.

« L’idée que se perdre est une perte de temps ? Un non-sens absolu ! Quel plaisir de divaguer, les pieds cherchant leur voie tandis que l’esprit est à la contemplation et à l’imprégnation. »
-Amandine. 4 raisons qui vous couperont l’envie de « tout voir ». Un sac sur le dos.

Vue mer depuis une chambre de l'hôtel Cala di Sole à Ajaccio, Corse.

La vue depuis ma chambre à l’hôtel Cala di Sole.
Photo © iclo

Sur la route des Sanguinaires

D’une manière générale, je préfère ne pas m’éterniser en ville. Rien à voir avec Ajaccio, que je trouve bien charmante d’ailleurs. Le temps m’est compté. Je veux me perdre dans la nature. Depuis le centre-ville, la route des Sanguinaires longe le golfe d’Ajaccio sur une dizaine de kilomètres en direction des îles du même nom. C’est ici, à mi-chemin, que se trouve le Cala di Sole, l’hôtel dans lequel je séjourne. L’hôtel et sa plage ont récemment connu leur heure de gloire en servant de décor au film L’Enquête corse avec Christian Clavier et Jean Reno.

Il en faut plus pour m’impressionner, comme… une chambre vue mer avec terrasse et petit salon d’extérieur. Et quelle vue ! De ma vie, jamais je n’ai eu de chambre aussi proche de la mer. Dix mètres doivent me séparer de l’eau du Golfe d’Ajaccio. Je ne m’en lasse pas. Surtout au réveil. Ou à l’heure de l’apéro. C’est comme dormir sur un bateau. Le mal de mer en moins. Le confort en plus. C’est si beau. C’est si paisible. Je pourrais vivre ici.

Quand je voyage en France, ou partout ailleurs autour de la Méditerranée, j’aime le printemps (ou le début de l’automne). Les touristes ne sont pas encore de sortie (les moustiques non plus d’ailleurs). Il ne fait pas encore trop chaud. Il fait suffisamment beau. Tout pour profiter pleinement des avantages d’un endroit aussi touristique. Sans ses inconvénients.

Les Sanguinaires ne sont pas loin. Le Sentier des Douaniers non plus. J’opte pour la deuxième option. Des vélos sont mis à disposition pour les clients de l’hôtel. Je ne sais pas où sont passés Fernand, Firmin, Francis, Sébastien et puis Paulette. Tant pis pour eux. Je pars de bon matin. À bicyclette (oui j’ai fredonné la chanson d’Yves Montand pendant six kilomètres pour rejoindre le début du sentier à la Pointe de la Parata).

Végétation sur le Sentier des Douaniers près d'Ajaccio, Corse.

Un des nombreux décors paradisiaques sur le Sentier des Douaniers.
Photo © iclo

Le Sentier des Douaniers

Aujourd’hui, je suis bien le seul douanier sur ce sentier littoral. Je ne m’en plains pas. Au contraire. Je me balade sur un chemin de randonnée plutôt facile. Tantôt au milieu du maquis. Tantôt en longeant des falaises. Mais toujours en surplombant une eau turquoise (dit le daltonien). Mon seul regret ? Ne pas avoir de drône pour réaliser des prises de vues au-dessus de cette côte escarpée. Je suis au milieu de nulle part. J’adore.

Ici ou là, des pistes semblent mener vers des terrains privés où sont construits des cabanons. Isolés. Vue cinq étoiles. Je pourrais passer l’été ici. Soudainement, à la sortie d’un sous-bois, quelques habitations. Pas beaucoup d’âmes qui vivent. Une voiture se porte à ma hauteur. Elle s’arrête. Au volant, un homme plutôt âgé m’interpelle. Il est Corse, probablement de l’endroit. Il me questionne beaucoup. Je ne comprends pas très bien le but de sa démarche. Rapidement, l’échange devient très amical. En 20 minutes, il me délivre un condensé d’histoire politique, économique et sociale de la ville d’Ajaccio. Je sens de la fierté dans ses paroles, à l’occasion, légèrement teintées de mises en garde. Le message est subtil mais clair : en Corse, la nature est propriétaire des lieux. Il faut la respecter.

« Et comment, cher Monsieur ! N’ayez crainte, je suis un épicurien responsable. »

Emporté dans la conversation, le vieil homme doit s’y prendre à deux fois pour me laisser poursuivre mon chemin. Au deuxième au revoir, il m’offre une carte postale qu’il vient tout juste d’acheter. Délicate attention (moins pour celui ou celle à qui la carte était destinée en première intention). Il me promet également un décor de carte postale, « les Maldives », si je traverse cette vaste prairie derrière les maisons. Il fait bien de me le dire. Pas sûr que j’aurais osé franchir ce petit portail en bois qui semble délimiter une propriété privée. Si un berger corse me poursuit avec une carabine, je pourrais toujours essayer de lui expliquer que c’est le vieux monsieur dans la voiture blanche qui m’a dit que je pouvais traverser cette terre agricole. Et sans jeter de papier par terre.

Mais je ne croise pas de berger. Juste un troupeau de vaches en train de faire la sieste. Après quelques minutes de marche, en bas de cet escalier champêtre, la plage du Grand Capo. Je ne suis jamais allé aux Maldives. Si ça ressemble à ça, je vais me pencher sur la question rapidement. Cette immense plage sauvage, c’est exactement celle que j’espérais trouver ici. Comme sur les photos. Comme dans les reportages. Et je l’ai juste pour moi (plus le monsieur tout nu).

Produit en partenariat avec l’Office de Tourisme d’Ajaccio, le Palais Fesch et le Cala di Sole. Toutes les opinions émises dans cet article m’appartiennent à 100%.
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